Le Récit

Les 18 jours passés à Londres resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

25 août :  Départ de la Gare du Nord à Paris sous les encouragements du public, à destination de Londres. A l’arrivée, descente du train accueillis  par des journalistes, quelques  supporters français et des enfants qui nous offrent un petit spectacle de bienvenue. Ensuite embarquement  dans les navettes qui nous conduisent au Village Olympique, sous l’orage, arrivée humide. Répartition des athlètes dans les appartements avant de se ravitailler dans le plus grand restaurant au Monde !! gare aux excès…. Les jours précédents la cérémonie d’ouverture  seront consacrés à la découverte du stand de tir et aux premiers entraînements.

29 Août : Le premier moment d’émotion a été l’ entrée dans le stade Olympique rempli de 80 000 spectateurs,  au sein de la délégation française chantant en cœur la Marseillaise.

1 er Septembre : Jour J

Direction le stand de tir pour le match qui débute à 13h15. Peu de temps avant le début de l’épreuve, j’ apprends que mon coéquipier Raphaël Voltz décroche une médaille d’ argent dans sa discipline. Ils étaient 8 tireurs avec le score parfait, du jamais vu.

13h15, le match est lancé. Après quelques coups d’essais, j’ appuie sur le bouton « Match » et je sais que je n’ai aucun droit à l’erreur. Mon premier coup part, l’ écran affiche 10.0, je passe tout près de la catastrophe. Mais cette frayeur me permet de me concentrer davantage. J’enchaîne les 10 les uns après les autres.

Au bout d’ 1 heure et 8 minutes, je réalise le score maximal de 600 sur 600, avec 55 mouches. Je regarde le classement, je suis en finale à la 4ème place. A ma grande surprise, nous sommes également 8 à égalité avec le score parfait. Mon premier objectif personnel d’ une finale paralympique est atteint. Je suis soulagé, je n’ai plus rien à perdre.

Direction le stand des finales. Premier coup, je réalise un 10.4. Je regarde l’écran qui affiche le classement et je vois que je dégringole à la 7ème place. Par la suite je ne jette plus un œil sur cet écran, me concentrant uniquement sur mon tir. Au bout de 9 coups, je sens que je tire une bonne finale et ne résiste pas à la tentation de regarder le classement. Incroyable, je suis en tête, avec 3 dixièmes d’ avance sur le second et 1 point sur le troisième. A ce moment là, je pense que le podium est assuré. Il me reste un seul plomb qui peut me permettre de réaliser un exploit et rentrer dans l’histoire des Jeux.